extraits
 
 

Nous sentons bien

Que personne n’est fait

Pour en rester là



Aussi gardons

Bien nos failles


Intactes



Qui sait

Ce qui


Pourrait

En jaillir ?





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L’égaré crie


Car ses ombres

L’effraient


-


Les mains jointes

Et le ventre en prière


Il se désunit et se

Défait de ses amarres


-


Il engage ses yeux

À combattre


-


Il voit

Les entrées


Des passages

Ou des gués


Dans chacun

Des arbres


Qu’il croise

Et qu’il aborde


-


Dans chacun.





-----------------





L’homme a toujours

Le temps


D’accomplir un miracle


-


Même

À la rue


-


Et même

Deux


S’il le faut


-


Faut-il

Encore


Qu’il

Commande


Et redise les mots


-


Qu’il engage un geste –

Quelque chose


Et mobilise

Une envie et

Toutes ses passions


-


Et qu’il ose

Et qu’il bouge.





-----------------





Suppose qu’un ange

Décide

Et vienne


T’habiter 


Et qu’il te

Demande


De changer

De place


Avec la sienne


Saurais-tu

Le

Lui


Refuser


Et me serrer

Dans tes bras ?





-----------------





La mort n’est jamais

L’issue –


En rien


-


Elle nous invite

À ne pas céder


À l’impatience


À tenir

Quand tout est bu


-


Et nous donne aussi le temps

Et la force de tracer un trait –
Un seul


Une ligne


-


La seule

À pouvoir


À tirer –


À bout portant


-


Celle

Qui sera


Notre vie.





-----------------





Mes mains ancrées

À ton dos

À tes reins –


En toi



Se divisent aussi et sur

Et entre tes fesses


Sur tes

Seins



Et se joignent et

Rejoignent –


Ô douce

Et belle oraison


-


Jusqu’à cette tension

Dans tes yeux


Dans mes yeux


-


Qui nous rappelle

Que ta chair


Est là


Qui

S’ouvre


D’abord

Sur le ciel


Avec toutes ses odeurs

Et leurs fouillis.





-----------------    pour Louis Darbouret





Pour un seul caillou

Qui divague


Un fleuve entier

Parfois se détourne.





-----------------





Si la vie demande

À te quitter


Ne la retiens pas

Et reste


-


Surtout

Reste



-


Ne force rien


Tu n’as

Probablement


Plus

Besoin


D’elle


Pour exister


-


Une autre

Étoile


Peut-être

Attend


Déjà



Qui pourrait

T’accompagner.





-----------------





Dans ton corps

Tant de courbes


Se croisent




Il y a

Tant de silences


À déplacer




Que nous finirons

En miettes.



 
Devenir chemin
Illustration
Josef Ciesla
l’Arbre à paroles, 2020
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« Tout ce que la belle m’a versé dans la coupe, je l’ai bu sans me demander si je buvais du vin d’ivrogne ou du vin de paradis. »     Hafez
Josef Cieslahttp://www.josef-ciesla.comshapeimage_9_link_0

Josef Ciesla est né en 1929. D’origine polonaise, il arrive en France à l’âge de 4 ans. Il se forme à l’école supérieure de tissage de Lyon puis aux beaux arts. Son oeuvre est présente dans de nombreux musées et collections particulières en Europe et aux USA. En 2006, Il réalise, à la demande de l’Université de Lyon III, une oeuvre monumentale en l’honneur de Jean Moulin.        

Entretien 2013 - Université de Lyon
Devenir Chemin
Celui qui ne se perd pas, 
ne découvrira jamais de nouveaux chemins.

Joan Littlewood

Josef Ciesla

À paraître 
en juin 2020

Josef Ciesla

De la source à la lumière 

Entretien 2013 
Université de Lyon